Depuis quelques mois, l’Institut du Bon Pasteur développe un nouvel apostolat à Moncton, dans la province du Nouveau-Brunswick, à l’est du Canada. L’abbé Juan Pablo Donoso y a été envoyé par le Supérieur général pour répondre à la demande d’un groupe de fidèles attachés à la liturgie traditionnelle. Il nous raconte la naissance de cette implantation et les premiers pas de cette nouvelle communauté.
A l’origine, une demande des fidèles
Né à Santiago du Chili en 1986, l’abbé Donoso a suivi ses études ecclésiastiques au Séminaire Saint-Vincent-de-Paul, à Courtalain, après avoir obtenu un diplôme d’avocat au Chili. Ordonné prêtre en juillet 2020, il a exercé son ministère en Colombie avant de poursuivre une licence en droit canonique à Madrid.
C’est au cours de ces études qu’il entend parler d’une possibilité d’apostolat au Canada. Un groupe important de fidèles du diocèse de Moncton avait en effet exprimé à son évêque le désir de bénéficier de la messe traditionnelle, sous son autorité pastorale et en pleine communion avec le Saint-Siège.
Après un premier voyage exploratoire et une rencontre avec Mgr Guy Desrochers, évêque de Moncton, le projet commence à prendre forme. L’accueil favorable de celui-ci permet d’envisager l’implantation de l’Institut. Quelques mois plus tard, l’abbé Donoso reçoit sa mission et rejoint le Canada pour en prendre la responsabilité.
Un accueil chaleureux et un cadre stable
L’arrivée de l’abbé Donoso est marquée par un accueil particulièrement chaleureux, tant de la part de l’évêque que des fidèles. Dans une lettre de bienvenue, Mgr Desrochers lui exprime sa joie de l’accueillir et rappelle que tous les catholiques, quelle que soit la forme liturgique à laquelle ils participent, appartiennent à l’unique troupeau confié à sa sollicitude pastorale. Il lui assure également son soutien fraternel et ses prières.
Pour l’abbé Donoso, cet esprit de communion est essentiel : « Le fait de demeurer absolument fidèles à notre foi, à notre doctrine et à notre identité sacerdotale au sein de notre Institut, le tout accompagné d’un véritable esprit de communion et de prudence, constitue, à mon sens, une condition importante pour permettre à nos apostolats de se développer. »
Une nouvelle étape a récemment été franchie avec la mise à disposition de l’église Saint-Jacques-le-Majeur par le diocèse. L’apostolat dispose désormais d’un lieu stable pour organiser sa vie liturgique et accueillir les fidèles.
Une communauté qui prend vie
La liturgie constitue le cœur de cet apostolat. La messe basse est célébrée chaque jour, tandis qu’une messe chantée est proposée les dimanches et jours de fête. Les fidèles peuvent également assister aux vêpres, participer à des heures saintes et recevoir quotidiennement le sacrement de pénitence, avec des confessions proposées une heure avant la messe.
La communauté dispose déjà d’un groupe nombreux de servants d’autel, d’un organiste et commence à constituer un chœur. Certains jeunes ont même manifesté un intérêt pour le sacerdoce, ce qui est pour l’abbé Donoso « un motif particulier d’espérance ».
Mais la vie de l’apostolat ne se limite pas aux célébrations. Des formations chrétiennes pour les jeunes et les adultes sont mises en place, et chaque dimanche, après la messe, les fidèles se retrouvent autour d’un brunch. Des sorties et des activités viennent également renforcer les liens entre les membres de la communauté.
L’abbé Donoso souhaite ainsi faire de ce lieu « non seulement un lieu de prière et de formation, mais aussi une véritable communauté chrétienne, dans laquelle les fidèles puissent grandir ensemble dans la foi, la charité et l’amitié ».
Des perspectives encourageantes
Les défis restent nombreux pour assurer le développement et la pérennité de cette implantation. L’arrivée prochaine d’un second prêtre permettra de renforcer la présence sacerdotale et de répondre plus largement aux besoins des fidèles.
L’église nécessite également quelques réparations, auxquelles s’ajoutent les frais de fonctionnement, notamment le chauffage, particulièrement coûteux durant les hivers canadiens. L’abbé Donoso lance donc un appel à tous ceux qui souhaiteraient soutenir ce nouvel apostolat, par leur aide matérielle, financière ou spirituelle.
Les perspectives dépassent déjà le diocèse de Moncton : certains diocèses voisins ont manifesté leur intérêt pour une présence de l’Institut. Pour autant, l’abbé Donoso souhaite avancer avec prudence : « Nous ne voulons rien précipiter, mais laisser les choses se développer au moment opportun, selon la Providence. »
Une nouvelle implantation qui ouvre ainsi de belles perspectives pour l’Institut du Bon Pasteur au Canada, au service des fidèles et du rayonnement de la liturgie traditionnelle.
