Historique de l'Institut du Bon Pasteur

Fondation et développement de l’Institut du Bon Pasteur

 

 

À Rome, le vendredi 8 septembre 2006, en la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, le cardinal DARIO CASTRILLON-HOYOS, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, a approuvé au nom du Saint-Siège les statuts et la fondation de L’INSTITUT DU BON PASTEUR, canoniquement érigé en « Société de vie apostolique ».

Regroupant à l’origine, sous la houlette de M. l'abbé Laguérie, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, six membres fondateurs (cinq prêtres et un diacre), issus de la Fraternité Saint-Pie-X fondée par Mgr Lefebvre, cette nouvelle communauté est la première du genre reconnue par le pape BENOIT XVI lui-même. Depuis le 8 septembre 2006, cinq autres prêtres ont rejoint les fondateurs et, avec les deux nouvelles ordinations du 4 mars 2007, le nouvel institut compte à ce jour douze prêtres, douze séminaristes (dont trois diacres) et un postulant frère. Un district a été créé pour l’Amérique latine dont le siège est au Chili, à Santiago, dirigé par Padre Raphael Navas, ancien de la FSSPX.

 

Un institut de Droit pontifical

L’institut du Bon Pasteur est constitué de Droit pontifical, c’est-à-dire qu’il relève directement du Saint-Siège et que son supérieur a le pouvoir de juridiction ordinaire, aux fors interne et externe, sur tous les membres de la communauté. Il incardine ses membres prêtres et diacres, c’est-à-dire qu’il les rattache directement à l’Église romaine. Il peut ouvrir des séminaires et appeler aux ordres mineurs et majeurs les candidats reconnus aptes au sacerdoce. Pouvoir dont il a usé dernièrement en faisant ordonner deux diacres et deux nouveaux prêtres. Les statuts lui permettent aussi d’appeler des frères auxiliaires à la vie religieuse.

Un communauté de vie apostolique dédiée au rite traditionnel

Le Saint-Siège a dédié l’Institut du Bon Pasteur à « l’usage exclusif de la liturgie grégorienne » pour la messe et pour tous les sacrements, selon « les livres liturgiques en vigueur en 1962 » (Statuts II §2). La liturgie traditionnelle est déclarée « rite propre de l’Institut dans tous ses actes liturgiques » (Statuts I §2). Selon les statuts et selon le décret d’érection, il s’agit non d’un indult mais d’une mission et d’une discipline propre, qui manifeste combien le rite dit « de Saint Pie V » est légitime et constitue une richesse pour l’Église. Désormais, à travers les statuts du Bon Pasteur, la messe traditionnelle n’est plus seulement une permission. Elle se trouve encouragée pour elle-même par le Siège Romain.

La communion pleinement manifestée

Les prêtres et les diacres de cette nouvelle œuvre apostolique et missionnaire se réjouissent de la générosité avec laquelle la hiérarchie ecclésiastique a reçu leur demande d’une communion qui soit enfin pleinement manifestée avec le Saint-Siège. Le décret d’érection du 8 septembre 2006 est le signe certain de leur communion avec l’Église de Rome, avec toutes les Églises en communion avec elle.

« Une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église »

Par ailleurs, chaque membre fondateur reconnaît personnellement « respecter le Magistère authentique » du Siège Romain, dans « une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église (Statuts II §2). D’un point de vue doctrinal, conformément au discours du pape Benoît XVI à la Curie Romaine le 22 décembre 2005, les membres de l’Institut, autant qu'il est en eux, sont engagés par une « critique sérieuse et constructive » du concile Vatican II, pour permettre au Siège Apostolique d’en donner l'interprétation authentique.

La communion crée un espace de dialogue et de controverse saine et sereine. Ainsi, sous l’égide du Bon Pasteur, un grand débat sur la Tradition et la réception de Vatican II a rassemblé fraternellement le 20 novembre 2006 un millier de catholiques de tendances plus que variées. Le 2 décembre, par un colloque universitaire sur « Les célébrations liturgiques, Tradition ou mutations ? », l’institut a donné la parole à une dizaine de professeurs et de prêtres, dont le père Lang, leur permettant d’exposer devant une centaine de participants le fruit de leurs travaux critiques innovants (historiques et théologiques). Le Cardinal Ricard lui-même a prévu de créer prochainement une commission de discussion doctrinale à Bordeaux pour débattre sereinement, dans le respect mutuel, des points d’achoppement sur le concile et sa réception.

Des prêtres au service des paroisses

Cependant, les statuts de l’Institut du Bon Pasteur le destinent pareillement à « servir les paroisses (avec mission canonique de l’Ordinaire) », à « les faire vivre et les faire aimer des fidèles pour le salut de leurs âmes » (Statuts III §2), sur le modèle du Bon Pasteur qui nourrit ses brebis, communique l’espérance, secourt les détresses et répand dans les cœurs l’amour de Dieu et du prochain. C’est là sa mission quotidienne. Aussi, le décret d’érection prévoit que soient confiées à l’Institut des paroisses personnelles.

Le Cardinal Ricard accueille le premier la nouvelle fondation à Bordeaux, en l’église Saint-Éloi

Fait digne d’être remarqué, le cardinal JEAN-PIERRE RICARD a accueilli le premier avec bienveillance la nouvelle fondation dans son diocèse de Bordeaux, en l’église Saint-Éloi, siège principal de l’Institut. Précisément le 1er février 2007, ce nouvel Institut a reçu le plein accord du président de la conférence épiscopale française, lequel a érigé en cette église historique une « paroisse personnelle déterminée par l’usage (non optionnel) des livres liturgiques de 1962 » pour la lui confier. Le cardinal Ricard ouvre ici une voie d’avenir et d’apaisement. C’est en effet la première fois dans l’Église de France qu’une convention diocésaine est passée avec un institut pontifical, pour lui confier une paroisse exclusivement consacrée à la liturgie traditionnelle et aux fidèles qui la pratiquent.

Un séminaire traditionnel en France et deux ordinations sacerdotales

À Courtalain, en Eure-et Loire, l’Institut a ouvert en octobre 2006 un séminaire international pour la formation des futurs prêtres et des frères. Sous la responsabilité de l’abbé Paul Aulagnier, assisté de l’abbé Henri Forestier, ce séminaire accueille déjà une douzaine de jeunes candidats au sacerdoce, en provenance de France, de Pologne, du Brésil et du Chili. Cette œuvre placée sous le patronage de Saint-Vincent de Paul, restaurateur du sacerdoce en France au XVIIe siècle, est un gage d’espérance et de vitalité au service de la Mission pour l’Église de demain. L’ordination de deux prêtres dans le rite traditionnel, le 4 mars 2007, candidats autrefois formés à Écône en Suisse, par un prélat romain, Mgr Luigi de Magistris, dans une église paroissiale mise à disposition par Mgr Pansard, évêque de Chartres, est une grâce nouvelle qui réjouit le cœur et qui manifeste une ouverture prometteuse pour l’Église de France.

Une espérance pour l’Église

Désormais, l’expérience paroissiale et missionnaire de la Tradition est ponctuellement possible dans le cadre d’une juridiction ordinaire. D’ores et déjà, on peut penser que l’approbation de l’Institut du Bon Pasteur constitue un banc d’essai et une voie pour l’avenir, dans l’attente du texte annoncé à Rome en faveur de la liberté rendue à la messe traditionnelle.